JOÃO CARLOS MARTINS

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JOÃO CARLOS MARTINS

Message  metalliboy le Mer 29 Mar - 23:07

Voici l’incroyable destin de ce pianiste brésilien qui joue de sa seule main gauche valide. Bach et le foot rythment la vie de cet ami du roi Pelé avec lequel il s’entretient sur leur célébrité réciproque, celle du footballeur étant, aux yeux de João Carlos Martins, carrément planétaire alors que la sienne ne concerne que quelques milliers de mélomanes.





João Carlos Martins est né à São Paolo en 1940 et a commencé ses études à l'âge de 8 ans. À 15 ans, il a interprété dans sa ville natale les deux volumes "Das Wohltemperierte Clavier" de Johann Sebastian Bach, projet qui a abouti à l'impression de 21 cédéroms (Concord Records-USA). Cet enregistrement a eu un grand succès et la critique internationale considère Joao Carlos comme l'un des plus grands interprètes de Bach de tous les temps.




A cause d'un accident, une chute en jouant au foot avec des amis (il est tombé et un caillou lui a sectionné le nerf cubital) João Carlos Martins s'est dédié depuis l'année dernière au répertoire spécifique au piano uniquement pour la main gauche. Dans son programme figure pour les prochaines années l'enregistrement des concertos pour piano et orchestre, ainsi qu'un vaste répertoire pour la main gauche. Les compositeurs contemporains ont commencé à dédier spécialement à Joao Carlos Martins des pièces de référence.




Au début des années 1960, Martins est, après Glenn Gould, le meilleur interprète de Bach par sa sensibilité lumineuse, son équilibre musical, son phrasé limpide. Il a besoin de Bach à tous les instants de sa vie. La presse américaine le qualifie de "virtuose étonnant et de musicien irrésistible, d’homme né pour faire des prodiges au piano, de musicien qui produit des feux d’artifice" . Mais, blessé au coude lors de la traditionnelle partie de football qu’il anime le week-end avec ses amis brésiliens de New York, il perd la sensibilité de sa main droite. Les interventions chirurgicales se succèdent avant une rééducation longue et fastidieuse. Résultat : un jeu pianistique qui ne le satisfait pas. En 1970, Martins décide d’abandonner le clavier. Il commence par diriger une banque, puis organise des combats de boxe, avant de créer sa propre entreprise ce qui lui attirera les pires ennuis, l’entraînant même devant les tribunaux pour de sombres histoires de caisses noires et de corruption politique. Il sera blanchi par le Conseil d’Etat de son pays.





La musique, qu’il décide alors de reprendre, va le sortir de l’impasse. Avec le soutien de son agent, il se remet à travailler Bach dont il achève d’enregistrer l’intégrale de l’œuvre pour clavier et orchestre en 1993, en Bulgarie. Mais d’autres problèmes l’attendent : un soir, en sortant du théâtre, deux voyous l’agressent et le frappent à la tête avec une barre de fer. S’ensuit un hématome cérébral et une longue hospitalisation avant qu’il ne rejoue à Carnegie Hall et triomphe avec le " Concerto pour la main gauche ", de Ravel. Mais la souffrance est telle que les médecins décident de lui sectionner le nerf de la main droite.




Depuis, il travaille avec acharnement de sa seule main gauche pour un résultat époustouflant. " J’ai eu tellement d’accidents au bras que j’ai l’impression d’en avoir eu plus que Bach n’a écrit de fugues dans sa vie. J’aurais pu arrêter à 25 ans mais ma vie, c’est la musique et je veux continuer d’en faire. J’ai commencé une nouvelle carrière avec la main gauche et j’ai envie de servir d’exemple " , explique le pianiste qui raconte son histoire avec une pudeur et une émotion bouleversantes. Ce fou de musique doit faire face à un surmenage musculaire épuisant. Mais l’homme n’abandonne jamais, forçant l’admiration de ses amis et notamment du légendaire Dave Brubeck, qui le soutient dans son combat et son travail, et avec lequel il joue un moment sur un vieux piano Baldwin.





Après cette leçon de courage et de volonté, c’est le piano hollywoodien qui est présenté à travers une sélection d’extraits qui racontent l’histoire d’amour entre l’usine à rêves et l’instrument roi qui a accompagné de grandes stars hollywoodiennes comme Katharine Hepburn, Greta Garbo, Ingrid Bergman, Cary Grant, Humphrey Bogart, Rita Hayworth ou les Marx Brothers. A leur propos, Chico Marx, pianiste particulièrement doué, jouait dans les clubs et n’hésitait pas à accepter deux engagements en même temps : il commençait à jouer dans un endroit et se faisait embaucher. Puis il envoyait son frère Harpo le remplacer tant ils se ressemblaient et allait se produire ailleurs. Mais Harpo ne jouait pas aussi bien que son frère… Ce film, qui se consomme sans modération, permet également de découvrir la plupart des artistes qui ont doublé au piano les stars de l’écran. Une soirée passionnante qui présente l’universelle palette d’un instrument qui a donné au monde le meilleur de la musique.






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Re: JOÃO CARLOS MARTINS

Message  gazoute le Mer 29 Mar - 23:17

Je connaissais comme ça, mais de là a lire cela , chapeau pour l'homme, quel combat avec lui meme, une leçon de courage .......... Very Happy merci talliboy pour cette belle presentation Wink
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